B i o g r a p h ie


On entre dans ce disque avec délice. L’introduction de 49 Steps sonne comme un récit vibrant des temps anciens, conté à l’archer par la contrebasse de Brice Soniano, extraordinaire de justesse et d’émotion. S’y mêlent avec une légèreté infinie le piano de Alexi Tuomarila, et les balais du batteur Lionel Beuvens, qui évoquent le ressac de la mer, le temps qui s’égrène, et en parfont la poésie. Le souffle poignant du trompettiste Kalevi Louhivuori relaye alors la contrebasse, et se fond avec elle dans un jeu de textures d’une exquise finesse. 

La magie de ce quartet est toute entière contenue dans cette introduction somptueuse, qui nous plonge dans une histoire bouillonnante dont les remous invitent aux émotions les plus variées. Car les huit compositions de Lionel Beuvens forment un disque riche et contrasté, qui révèle une écriture d’une grande maîtrise et richesse, tant dans les ballades empreintes d’un lyrisme sobre et puissant (For Threes, Oisin) que dans un jazz contemporain qui confine à l’expérimental (Valse à Cinq Temps). Les inspirations multiples du compositeur se font entendre, dans la rythmique latine de Cité Soleil, ou Constelation, dont le groove est également teinté de funk, ou dans les rythmes percussifs aux sonorités originelles (What’s even). Cet éclectisme jubilatoire est parachevé par les incursions de Frank Vaganée (alto sax présent sur les balades For Threes et Oisin) et Ewout Pierreux, dont le Fender rhodes bouscule Cité Soleil et Valse à 5 temps. 

L’espace laissé aux musiciens par l’écriture ciselée de Lionel Beuvens leur permet de libérer leurs talents d’improvisateurs et révèle une grande complicité de groupe. 

Cet album est définitivement de ceux qui nous accompagnent, que l’on peut écouter en boucle tout au long de sa journée, et il la marque d’ailleurs d’une couleur presque spirituelle, de part l’oscillation qu’il opère entre les tensions, denses, sauvages ou festives et un recul contemplatif et nourricier.

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